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Machine à voter en RDC : Enervé par le débat sur la légalité, Corneille Nangaa a-t-il fini par craquer ? « Que celui qui ne veut pas de la machine parte », déclare Naanga

Par son attitude méprisante hier au siège de la CENI, chassant comme des malpropres certains présidentiables pourtant invités à son office, le Président de la CENI a enfin démontré les limites de sa stratégie. Il a voulu éviter le débat fondamental sur la LÉGALITÉ et la légitimité même de l’ordinateur du vote, subtilement appelé «machine à voter», et le fait de vouloir à tout prix l’utiliser lors des scrutins du 23 décembre prochain et ce, en dépit de l’interdiction légale qui frappe ce matériel (cfr Art. 237 Ter de la Loi électorale). Le débat technique que demande la CENI est un grossier enfumage qui n’a pas sa raison d’être puisqu’ayant déjà été vidé par les experts britanniques de la WESTMINSTER FOUNDATION FOR DEMOCRACY’ qui, dans leurs conclusions, n’avaient ni validé ni certifié la machine.

Dès lors, inviter les candidats Président de la République pour les soumettre au test sur la machine n’a rien de technique. Si en deux mois de travaux, les experts britanniques par ailleurs techniquement mieux outillés ne sont pas parvenus ni à réaliser l’audit de la machine ni à en certifier le logiciel et le matériel, par quel moyen les experts des candidats pourraient en quelques minutes réaliser ce que les autres n’ont pas pu en deux mois? Par ailleurs et fondamentalement, les considérations techniques sont des questions de fond, qui ne peuvent être abordées avant celles de forme, dont celle de la légalité qui est plus que primordiale; «la forme précède le fond», principe intangible de droit. Le débat sur la légalité de l’ordinateur à voter ne peut être occulté pour aucun motif ni urgence au profit d’aucune prétention ; même si, manifestement, ce débat paraît, pour la CENI, comme un épouvantail effrayant et cause de nervosité pour ses dirigeants.

Quand un enfant te toise, ne regarde pas son doigt. Derrière lui, se cache un adulte qui lui donne de l’assurance, dit un proverbe africain. C’est le cas de la CENI dont la témérité du staff dirigeant cache mal la main qui le manipule. Sur la scène, on connaît les acteurs pendant que le metteur en scène est tapi dans l’ombre. Il a conçu sa pièce. Il est à la manœuvre dans la mise en scène. Il a semblé lever le pied sur le 3ème mandat en même temps qu’il garde tous les verrous sur le processus électoral, seul moyen pour lui de jouer à la diversion, aux prolongations et de maintenir ainsi le statuquo par le biais d’un dauphin qu’il s’est choisi; inspiré d’une ruse russe à la Poutine. En MAITRE d’œuvre ès autorité morale, il agit avec calculs sur les trois leviers de confiscation du pouvoir dont il détient le contrôle absolu : Cour constitutionnelle-CENI-Moyens logistiques et financiers (Gouvernement) et en donne le tempo et l’ordonnancement selon son agenda international. Tantôt il fait un semblant d’ouverture en autorisant les manifestations de l’opposition, tantôt il les réprime en imposant des restrictions. Seul maître à bord, il agit par le fait du Prince et selon ses humeurs.

Point n’est besoin de rappeler que sur pied de la Loi N° 13/12 du 19/04/ 2013 modifiant et complétant la Loi N°10/013 du 28/07/2010, la CENI est une institution d’appui à la démocratie qui jouit de l’indépendance d’action. Sa mission est d’organiser, en toute indépendance, neutralité et impartialité des scrutins libres, démocratiques et transparents. De ce fait, ses animateurs devraient servir une cause : la démocratie et non la dictature et s’interdire, par voie de conséquence, une gouvernance partisane.

Malheureusement, à la lumière de l’évolution de la situation, il y a lieu d’affirmer que la neutralité de la CENI est définitivement tombée à l’eau depuis que son staff dirigeant s’est transformé en «conseillers électoraux spéciaux» de la majorité au pouvoir, en participant tant à Kingakati que dans un hôtel de la capitale ou ailleurs à toutes les conspirations de la majorité au pouvoir, aujourd’hui FCC. Les explications fournies par les concernés pour justifier leur présence à ces messes noires n’ont jamais convaincu. En d’autres lieux, pareil alignement, aussi flagrant que troublant, aurait entrainé, dans l’absolu, leur démission.

Aux dires des participants à la réunion d’hier, le Président de la CENI a définitivement annoncé ses couleurs, pour ceux qui doutaient encore. Il sert une cause : la perpétuation de la dictature à travers un simulacre d’élection et en la matière, il n’a des comptes à rendre qu’à son commanditaire de qui il tire toutes les assurances de son arrogance. Dès lors, il est en contradiction avec la loi qui crée la CENI et parant, INCOMPATIBLE avec les élections transparentes.
©Honorable Claudel André LUBAYA. Président de l’UDA Originelle

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