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La médiocrité politique à la sauce congolaise RDC : Les pasteurs Mukuna, Mutombo et plusieurs artistes dans l’équipe de campagne de Shadary…

Chaque jour qui nous rapproche du scrutin électoral de 23 décembre 2018 ne cesse de nous révéler le visage sordide de l’élite politique et religieuse congolaise. Le pays est en train de sombrer et jamais comme auparavant son avenir n’a été aussi rempli de signaux menaçants. Mais ceux qui sont aux commandes du pays ou ceux qui sont sensés être les gardiens de valeurs morales et spirituelles de la Nation sont tous versés dans les pratiques liberticides et suicidaires du camp des bourreaux du peuple. Voici dans les lignes suivantes, quelques épisodes qui vous illustrent les faits.

1. Pascal Mukuna et François Mutombo, tous deux leaders de l’Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK) sont les deux pasteurs retenus par l’équipe de campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary en vue de piloter la cellule chargée des confessions religieuses du dauphin de Kabila. Notez par ailleurs que plusieurs pasteurs des églises de réveil en font partie.
Pendant que l’un d’eux, François Mutombo, prétend sur son siteweb, se donner pour principale mission pastorale de faire de la délivrance des captifs son cheval de bataille, les congolais sont ahuris de le voir prendre parti pour l’oppresseur contre la sécurité de ses propres brebis tenues captives par un système impitoyable d’asservissement et de clochardisation. Et là où le bât blesse le plus, c’est quand ces mêmes brebis clochardisées par ces pasteurs véreux vont continuer à les applaudir et à les suivre… Un véritable cercle vicieux où les victimes vont continuer à défendre mordicus leurs bourreaux.

La présence de ces serviteurs de Dieu ou de César (c’est selon) dans l’équipe de campagne du candidat de Kabila est tellement paradoxale qu’elle est comparable à une éventuelle présence de deux des douze apôtres de Jésus dans l’équipe de campagne de l’empereur Néron, celui-là même dont la politique générale consistait à livrer bataille contre les valeurs morales et spirituelles prônées par leur divin Maitre. Le réveil spirituel prôné par ces églises révèle au contraire le vrai visage de ces dernières qui se veulent être en réalité des « officines » inféodées aux ambitions des acteurs politiques ou encore des bras droits du régime Kabila chargés d’endormir la conscience d’un peuple et de le pousser à se soumettre pour toujours à un ordre injuste et inique.

2. Il n’y a pas longtemps que Jean-Lucien Bussa, le président national du parti politique Courant des Démocrates Rénovateurs (CDER) et porte-parole du Front des Démocrates tempêtait contre le pouvoir de Kabila au Centre interdiocésain. « Aujourd’hui l’heure, disait-il, n’est plus au recul. Je pense que nous avons obtenu l’essentiel de notre combat commun. Le tronc commun de notre combat était le respect de la constitution, l’alternance démocratique, la certitude de la tenue des élections. Et ce qui nous reste, c’est une élection crédible et transparente. ». Les participants à sa communication de presse semblaient enfin avoir trouvé en lui celui qui bravait le pouvoir en place pour enfin lutter en faveur de l’alternance démocratique en vue de mettre un terme à la gestion catastrophique de 17 ans de pouvoir de la kabilie. A la présentation de l’équipe de campagne du candidat de FCC, qui l’on voit dans la cellule des stratégies de l’élection du candidat de la kabilie ? Jean-Lucien en personne… On retrouve l’ex sociétaire de MLC de Bemba au titre de deuxième personnalité après Adolphe Lumanu dans l’importante cellule stratégique de campagne. Celui qui, dans ses nombreux tweets, accusait le pouvoir de Kabila d’être à la base d’un coup d’état permanent contre le régime constitutionnel congolais se range lui-même dans le camp des putschistes.

3. Mova Sakanyi, le Ministre de l’Intérieur chargé de l’Organisation et de la Sécurisation des élections est en même temps devenu l’actuel Chargé du processus électoral et de la Sécurisation du candidat de FCC au pouvoir. Ce fait insolite ajouté à l’adhésion à la charte de FCC des nombreuses personnalités telles que Jean de Dieu Oleko, l’ancien patron de la Police Nationale congolaise de la ville de Kinshasa et à la présence des autorités militaires dans l’équipe de campagne de Shadary annonce l’atmosphère sulfureuse du processus électoral. Le général Didier Etumba, l’ancien Chef d’état-Major général des FARDC et l’ex-patron de Renseignement Militaire, actuellement Conseiller militaire du Chef de l’État, a été désigné quant à lui comme rapporteur de la cellule chargée de la sécurisation de la campagne de Shadary. Crispin Atama Tabe, actuel ministre de la défense et Basile Olongo, vice-ministre de l’intérieur font également partie de la même cellule. Bref toute une chambre noire pour concocter des stratégies de violence politique contre quiconque menacerait le plan d’occupation du Congo. Malheur à ces opposants naïfs qui croient encore aller librement et démocratiquement aux urnes.

4. Le 12 septembre 2018, les leaders de l’opposition congolaise réunis à Bruxelles publiaient un communiqué conjoint en 8 points et s’accordaient sur la désignation d’un candidat commun de l’opposition dans les meilleurs délais. Il s’avère que depuis lors, cette désignation d’un candidat unique de l’Opposition (CUO) va de report en report. La dernière promesse en date l’annonçait avant le 15 novembre prochain mais qui y croit encore ? Qui ignore que les violons ne s’accordent plus entre différents acteurs de l’opposition? Pourquoi refuser de voir, au-delà des apparences, le bras de fer à peine caché entre les candidats validés et ceux non validés aux élections présidentielles ? Faut-il vraiment croire un instant à leur bonne foi du mois de septembre dernier de vouloir mettre leurs efforts en commun pour arracher le pouvoir au régime DICTATORIAL comme ils l’écrivaient eux-mêmes voici déjà deux mois dans leur communiqué de presse?

5. Les musiciens JB Mpiana, Noël Makanda Werrason, Jossart Nyoka Longo, Félix Wazekwa, Barbara Kanam et Mbilia Bel Mboyo font partie de l’équipe de campagne de Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la coalition politique et électorale de pouvoir (FCC, Front Commun pour le Congo) à la présidentielle de décembre prochain. Ces musiciens sont dans la cellule  »Artiste », piloté par le gouverneur de la ville de Kinshasa André Kimbuta. Sont également membres de cette cellule, les comédiens comme Fiston Mafinga alias Saï Saï, Elombe Sukari, Petrus Ngalula Ependa alias Ngalufar et Edmond Kuku Nlemvo alias Muyombe Gauche.

Malheureusement, nous remarquons que ces artistes n’ont pas tiré les leçons de la campagne électorale de 2011. Ils avaient presté pour le président Kabila et cela leur a valu un  »embargo » scénique en occident décrété par les combattants (frange radicale d’une partie de la diaspora opposée au régime Kabila).
Depuis, les musiciens ne prestent plus en occident, pourtant principale source de leurs revenus.

Pour la énième fois, moult analystes répètent à nos opposants que la kabilie est loin d’être une simple dictature. Elle se veut plutôt un féroce régime d’occupation décidé de maintenir à genoux tout le peuple congolais pour mieux exploiter son sol et sous-sol sans tenir compte de la volonté du souverain primaire. La guerre permanente qui se déroule au Congo avec les conséquences que l’on sait est avant tout une guerre des mots et des concepts. C’est une guerre de communication où les mots deviennent de véritables armes psychologiques pour flouer l’opinion nationale et internationale.

Certes, une dictature peut être combattue par des marches pacifiques et des meetings enflammés comme ce fut jadis le cas contre le régime de Mobutu. En revanche, un régime d’occupation ne tient aucun compte de ces méthodes démocratiques auxquelles, de nature, il reste allergique et retors. Même sévère avertissement au Front commun contre la machine à voter lancé ce matin du 2 novembre à l’initiative des Congolais Debout. Sa stratégie du combat n’y changera rien pour les mêmes motifs de vouloir faire sciemment ou non la confusion sémantique entre une dictature et un régime d’occupation… Contre l’une et l’autre, les méthodes de combat ne peuvent nullement être semblables sans au final courir l’inévitable risque de faire un flop.

Via Germain Nzinga

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